Marlïa ? ? ? Toujours ce prénom au consonnance étrangère l'étonnait. Qui était-elle ? Pourquoi faisait-elle peur à ses parents, à sa famille ? Tant de questions sans réponse...
Et là-bas, la lettre.
La Lettre.
Max et Chloé avait certes hésités le soir. Mais au matin, c'était d'un geste ferme qu'il lui avait tendu l'enveloppe rugueuse. Les mots écrits à l'encre noire, sans doute à la plume, la fascinaient. Un autre lieu, presque un autre monde.
Cette lettre pour ses seize ans la déchirait. Partir, oui elle en avait toujours rêvé. Mais vraiment partir ? Le voulait-elle. Elle aurait 16 ans après-demain. Chloée ne lui avait pas posé la question :
- Lundi, je te dépose en emmenant Lucile et Rosanne à l'école. Tu prépares tes affaires ce week-end. Si j'ai bien compris, on se reverra dans un an.
Marlïa frissonna. Pas une once d'émotion n'avait transpercée dans la voix de sa mère. Se séparer, malgré tout, ce serait dur. Et puis un an ! C'est long ! Il n'y avait que Zeli, la petite dernière de ses soeurs qui avait eu des larmes en apprenat la nouvelle de son départ. La pauvre enfant, elle n'avait pas quatre ans. Marlïa l'avait toujours adorée, cajolée, quand samère lui permettait de la toucher.
La jeune fille se préparait une valise. Il fallait qu'elle emporte l'essentiel. Mais c'était si difficile. De ses yeux tristes, elle regardait une dernière fois l'appartement avec attention. Les murs sales, où le papier peint se décolait, les fenêtres aux carreaux noirs, le sol froid.... tout ce lieu était marqué de souvenirs... Ses rêveries lointaines dans sa petite chambre étaient sacrée mais bien plus l'endorit où elles avaient lieu.
Des larmes perlèrent aux coins de ses yeux. D'un geste brusque, elle les essuya. Tanpis, elle partait. Elle allait enfin commencer sa vie. 16 ans, on est déjà grand...




