La pièce d'isolïo [3]

La pièce d'isolïo
[CHAPITRE CORRIGE par la très gentille brocéliande--]



3. L'attente

Pourtant, au bout d'un moment, Harry se lassa d'attendre la figure lugubre du Mage Noir. Il se mit à tourner en rond dans la pièce. De toute façon, quelqu'un finirait bien par venir le voir, au moins pour le nourrir. Pourquoi souhaiter sa mort de telle manière ? Harry ne savait pas depuis combien de temps il était enfermé ici. Etait-il resté inconscient très longtemps ? Le jeune homme regrettait désormais amèrement de ne pas avoir de montre, il aurait pu garder celle que Dudley avait trouvée dans son dernier paquet de chips. Et si seulement Hermione était là ! Elle aurait une idée ingénieuse pour se renseigner, elle maîtrisait n'importe quel sortilège.
Harry eut alors une brusque envie de se gifler. Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Sa baguette devait se trouver dans la poche arrière de son jean. Le c½ur plus joyeux, le jeune sorcier sortit l'instrument de sa délivrance. Mais son sourire disparut bien vite quand, à sa grande déception, il posa son regard sur une simple branche en bois de houx. Quand Harry fouilla à nouveau la poche de son jean, il trouva une plume étonnante, d'un rouge écarlate. Il soupira, et voilà que maintenant sa baguette avait le caprice de retrouver sa forme initiale. Il se souvenait encore très bien des paroles de M. Ollivander :

- Un client difficile. Mais nous finirons bien par trouver celle qui vous convient. Voyons celle-ci. Une combinaison originale : bois de houx et plume de phénix, 27,5 centimètres. Facile à manier, très souple.

Harry savait pertinemment que Voldemort avait une plume du même phénix dans sa baguette mais sa capacité à comprendre les événements semblait tendre de plus en plus à disparaître. Quel maléfice pouvait avoir séparé les éléments de sa fidèle alliée ? Il était désormais sans défense si un quelconque agresseur pénétrait dans ce lieu pour lequel il ressentait de plus en plus de haine.
Harry se laissa tomber au sol. Il était seul, il n'avait rien à faire dans une pièce intensément vide. Il espérait qu'on le cherchait, on avait forcément remarqué sa disparition. Harry bouillonnait intérieurement. Il ne supportait pas de ne pas savoir et c'était encore pire que d'habitude;
Et puis, que faisaient les gardiens ? Harry était pourtant persuadé que quelque chose devait se passer. Même si personne ne venait, l'apparition d'un repas par magie suffirait à le contenter plutôt que ce silence pesant et cette absence angoissante. Mais, le jeune sorcier, tandis qu'il attendait avec impatience de quoi se nourrir, savait en lui-même qu'il n'avait pas faim. Il avait l'impression qu'il venait de déguster un délicieux festin. Ce n'était pas possible. Comment pouvait-il être rassasier quand son dernier aliment avalé datait du petit-déjeuner pris à la vite chez les Weasley, événement malheureusement lointain ?
De même, Harry sentait qu'il s'énervait de plus en plus à attendre ainsi et il décida de dormir un peu. Avant d'arrivée dans cette pièce, il tombait de fatigue après les quelques nuits blanches passées à discuter avec Ron de Quidditch. Mais, rien. Allongé sur le sol dur, Harry ne trouvait pas sommeil. Il regardait fixement le plafond en le maudissant, espérant y trouver une tâche, ou quelque chose comme ça qui le sortirait de son ennui.
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# Posté le samedi 11 août 2007 08:22

Modifié le samedi 17 janvier 2009 11:58

La pièce d'Isolïo [4]

La pièce d'Isolïo
[CHAPITRE CORRIGE par la très gentille brocéliande--]



4. Des rêves éveillés...

Harry était sûr maintenant que cela faisait plusieurs jours qu'il était enfermé là-dedans. Après avoir longé les murs pendant des heures entières, Harry s'était décidé à rester assis en tailleur. Il attendait dans cette position, se forçant à rester calme. De toutes ses forces, il tentait d'empêcher son c½ur d'imploser. Il ne pouvait même pas se faire mal ; il avait essayé de se frapper contre le mur, mais à sa grande surprise, dans ce cas, la paroi dure se transformait sous le choc, et il ne pouvait même pas s'effleurer ou se faire le moindre bleu.
Personne n'était venu. Il avait eu beau crier, hurler. Rien. Un silence total en réponse. Même pas un écho de ses propres hurlements. La pièce sans forme, les murs blancs, rien n'avait changé.
Harry était en parfaite santé physique, bien qu'il ne mangeât pas ; il sentait que son corps se nourrissait tout de même. Il n'avait également aucun besoin de dormir. Harry ne se posait plus la question, il avait accepté l'idée que ce fut la pièce qui le soignait ainsi. Le plus dur était de rester lucide, de ne pas céder libre cours à la folie qui menaçait de s'emparer de lui.
Pour oublier, pour s'occuper, Harry faisait des rêves éveillés. Il fermait simplement ses paupières et s'imaginait au Terrier. Avec toujours de nouvelles versions, il recommençait inlassablement les matchs de Quidditch qui opposaient en général Ron et lui à Ginny et Hermione. Il inventait de nouvelles tactiques de frappe, pas toujours réalisables dans la réalité. Il transformait Hermione en joueuse incomparable et Ron en fantastique gardien, la peur de se retrouver face à ses adversaires n'aidant son ami qu'à mieux jouer au lieu de le rendre dépressif. Ainsi, les matchs que s'imaginait Harry ressemblaient de plus en plus à de formidables compétitions internationales;
Mais Harry savait qu'il ne devait pas s'immerger ainsi dans ce monde irréel, aussi de temps en temps, il s'obligeait à réfléchir à Voldemort, à la prophétie et ce que lui avait dit Dumbledore. C'est alors qu'au lieu d'inventer d'étonnantes défenses et attaques contre le puissant Mage Noir, Harry commença à se raconter la vie du pauvre Tom Jedusor.
Comment ce dernier, mis au monde par une mère prête à mourir, qui renonçait à la magie et à son propre fils, fut élevé dans un sombre orphelinat de Londres. Là-bas, pour s'en sortir, le petit sorcier imposait ses pouvoirs à ses camarades moldus, en les terrorisant sans aucun doute. Harry n'avait pas de mal à visualiser le visage du jeune Tom au regard parfois innocent, parfois tellement méprisant. Comment ce dernier, arrivé à Poudlard, avait continué à effrayer les autres, les écoliers de la célèbre Ecole de Magie et d'une certaine manière ses professeurs, en les soudoyant. Harry se souvenait encore très bien du sourire malfaisant du futur Voldemort dans le journal intime laissé par l'adolescent qui manipulait les opinions et avait fait renvoyer Hagrid à tort. Harry n'aimait pas Voldemort et il savait que Voldemort n'aimait personne. Cependant, à force de penser à la vie de son ennemi de toujours, de l'assassin de ses parents, il finit par avoir pitié pour lui.
Les yeux rouges, ceux d'un serpent, la face aplatie, et les larges fentes qui lui servaient de nez, son corps squelettique ne pouvaient plus effrayer Harry qui, toujours, attendait dans la pièce vide et blanche. Tout ce qu'espérait désormais Harry, c'était que Voldemort disparaisse, en ne laissant derrière lui aucun fragment de sa vie tel le journal.
Harry attendait mais finalement l'attente était enrichissante.

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# Posté le samedi 11 août 2007 08:24

Modifié le samedi 17 janvier 2009 12:08

La pièce d'Isolïo [5]

[CHAPITRE CORRIGE par la très gentille brocéliande--]



5. Un autre ?

Toujours seul, assis, les yeux fermés. Harry se tenait au centre de la pièce tel un vieux sage tibétain. A l'intérieur de lui-même, il venait de revivre son arrivée à Poudlard en première année. Il se souvenait du train majestueux dans lequel il avait rencontré pour la toute première fois un Ron admiratif devant sa cicatrice et une Hermione déjà « Miss-Je-Sais-Tout », ainsi qu'un Neville plutôt maladroit. Dans son esprit, il revoyait le grand hall, les nombreux autres élèves de son âge qui attendaient comme lui pour savoir quelle horrible épreuve allait leur être imposer. Il se souvenait du petit Malefoy qui lui avait tendu la main en insultant Ron, le regard si méprisant. Il se souvenait de l'hésitation du Choixpeau Magique.
Soudain un « POP » retentit dans la pièce. Harry ouvrit les yeux surpris. Il avait presque oublié... que le monde existait encore. Il ne s'attendait absolument plus à ce que quelque chose se produise dans l'étrange pièce restée identique depuis son arrivée.
Mais Harry écarquilla encore les yeux quand il découvrit, allongé à ses pieds, une personne qu'il n'aurait jamais pu imaginer rencontrer ici. Sous son regard ébahi, le corps inanimé de Malefoy était étendu sur le sol blanc.
Harry posa ses mains sur ses yeux. Non, son imagination devait lui jouer un tour : il devenait fou. Il ne pouvait pas se trouver enfermer dans une pièce vide avec son pire ennemi ! Qui pouvait avoir choisi de les enfermer ensemble ? Qui ? Qui les tenait ? Pourquoi ? C'était impossible ! Harry ne voulait pas le croire. Tandis que toutes les questions revenaient dans son esprit agité, il s'aperçut que Malefoy était bel et bien là.
Hésitant, il le toucha ; il était bien réel. Harry ne l'avait jamais vu d'aussi près. En fait, il n'avait jamais pris la peine de le détailler. Il se rendit compte que le corps de son pire ennemi se trouvait là ! À porté de main, à sa merci ! Malefoy inconscient, Harry se sentit plus puissant. Tandis qu'il observait attentivement le moindre mouvement de poitrine du garçon, Harry réfléchissait à toute vitesse.
Malefoy l'avait toujours méprisé depuis leur première rentrée à Poudlard. Il venait d'une famille issue uniquement de sorciers et dans la tradition, il méprisait tout ce qui n'était pas de sang pur. Harry n'avait jamais compris ce point de vue et il détestait Malefoy pour les nombreuses fois où il avait appelé Hermione « Sang-de-Bourbe ». Malefoy avait toujours tout fait pour lui mettre des bâtons dans les roues (selon l'expression moldue) et Harry lui avait toujours rendu la pareille. Les injures étaient leur seul moyen de communication. Mais ici, cela allait être impossible.
Malefoy était immobile, il respirait calmement. Harry se demanda s'il avait disparu dans les mêmes circonstances que lui. Peut-être savait-il quelque chose sur leur ravisseur ?
Harry se surprit à regarder en détail le corps du jeune homme évanoui. Il était plutôt grand, peut-être même un peu plus que lui. Harry avait pourtant pris au moins une trentaine de centimètres durant les vacances. La peau de Malefoy était vraiment très pâle, comme s'il n'avait pas vu la lumière de tout l'été ; son visage était assez gracieux, ses traits fins. Ses cheveux presque blancs avaient poussé depuis la dernière fois qu'ils s'étaient aperçus. Ils reposaient sur le sol en formant une aura bizarre, presque angélique autour de sa tête. Harry le trouva également amaigri, bien que musclé.
Timidement, Harry saisit la main de Malefoy et essaya de le réveiller. Dans sa paume, la main de l'autre garçon lui parut plus petite et plus douce.

# Posté le samedi 11 août 2007 08:26

Modifié le samedi 17 janvier 2009 12:10

La pièce d'Isolïo [6]

La pièce d'Isolïo
[CHAPITRE CORRIGE par la très gentille brocéliande--]



6. Un réveil brutal : une réalité

Drago Malefoy se leva brusquement faisant sursauter Harry. Rapidement, il s'éloigna de lui. Harry sourit. Lui, il avait eu beaucoup plus de mal à se remettre du transfert dans la prison. Curieux, Harry observa Malefoy chercher sa baguette dans les poches de sa robe de sorcier. C'est avec beaucoup de plaisir qu'il regarda le visage, qu'il détestait tant, se décomposer. Apparemment, l'autre n'avait plus droit à la magie non plus.

- Où est ma baguette ?, cria Malefoy.

La voix claire du jeune homme résonna bien trop fortement dans le crâne d'Harry qui n'avait pas entendu un son depuis longtemps. Harry se contenta de boucher ses oreilles sans répondre.

- Tu me la prises. J'en suis sûr !

Comme le sourire de Harry ne disparaissait pas, Malefoy s'énerva de plus belle. Il s'approcha d'Harry, toujours assis dans la même position, celle qu'il n'avait pas quittée depuis plusieurs jours. Il le poussa violemment et Harry sentit le sol s'amollir quand son dos toucha la surface blanche et froide.

- Bonjour, articula Harry avec difficulté.

Drago le regarda étonné. Harry sourit encore plus en voyant les sourcils blonds de Malefoy se soulever. Il appréciait que l'autre jeune homme ne le comprenne pas, tout comme lui quand il était arrivé. Malefoy tourna alors la tête et prit conscience du lieu où il se trouvait.

- Mince alors, une pièce d'Isolïo !

Sa phrase était passée comme un murmure entre ses lèvres mais Harry la distingua clairement.

- Où sommes-nous ? Qu'est-ce que tu as dis ? Parle !

Malefoy le regarda furieux. Harry pouvait deviner que l'autre ne supportait pas recevoir des ordres, pourtant il lui répondit :

- J'ai dit que nous nous trouvions dans une pièce d'Isolïo. Etonnant que le chouchou de ce vieux gâteux de Dumbledore ne l'ait pas déjà remarqué !

Harry grimaça. Finalement, n'aurait-il pas préféré rester seul plutôt que de se retrouver avec la pire fouine qu'il connaisse ? Combattant son envie de répondre méchamment, Harry préféra se renseigner sur la nature d'une pièce d'Isolïo.

- Tu te demandes ce que c'est, hein ?, le devança Malefoy. Une pièce d'Isolïo ? Ton vieux fou de Directeur ne t'en a jamais parlé et la sale Sang-de-Bourbe non plus ?

Harry bondit à ses paroles. Ron et Hermione n'étaient pas là pour le retenir. Il avait besoin de défigurer le visage diaboliquement angélique de Malefoy. Mais quand il arriva à la hauteur de celui-ci, ses poignets se retrouvèrent bloqués solidement entre les doigts fins de Malefoy. Leur visage à quelques centimètres l'un de l'autre, Harry jura et Malefoy sourit d'un air méprisant.

- Alors Potty, on veut me faire du mal ? Alors que l'on voudrait savoir ce qu'est ce lieu ?

Harry tenta de lui lancer un Avada Kedavra du regard mais tout en échouant, il se décida à reculer. Il partit s'asseoir à l'autre bout pendant que le regard bleu glacier le suivait, curieux. Harry se massa les poignets où les marques bien réelles des longs doigts de l'autre restaient.

# Posté le lundi 20 août 2007 04:51

Modifié le samedi 17 janvier 2009 12:11

La pièce d'Isolïo [7]

La pièce d'Isolïo
[CHAPITRE CORRIGE par la très gentille brocéliande--]



7. Une pièce d'Isolïo

Malefoy s'assit également. Contrairement à Harry, habillé à la mode moldue, Malefoy portait une longue robe noire de sorcier.

- Une pièce d'Isolïo est le résultat d'un sortilège extrêmement complexe de haute Magie Noire. Très rares sont les sorciers capables de l'exécuter.

Drago Malefoy semblait parler pour lui, mais Harry écoutait attentivement les explications détaillées de l'autre. Il attendait un indice qui révélerait qui aurait pu les enlever.

- Le principe de la pièce d'Isolïo est la prison parfaite. Un endroit où n'importe quel homme finit par perdre l'esprit ou presque, au point où il accepterait d'avouer n'importe quel forfait aussi horrible soit-il. Dans des conditions de vie parfaites, nourri, reposé, l'impossibilité de se blesser physiquement, l'arme secrète de cette prison est l'ennui. La solitude insoutenable.

Soudain Malefoy s'adressa à Harry :

- D'ailleurs c'est plutôt étrange que nous nous trouvions ensemble, je croyais impossible l'enfermement de deux personnes dans une même pièce d'Isolïo.

Puis il reprit son monologue.

- Cette idée a été exploitée par les moldus, après la seconde guerre mondiale. En Allemagne de l'Est, la Stasi utilisait des moyens semblables pour torturer ses prisonniers politiques. Bien entendu, l'ampleur du sortilège n'apparaissait pas, il utilisait des moyens uniquement matériels pour parvenir à leurs fins. Quels idiots ! Je ne doute pas que l'idée ne leur est pas venue seule. Il est impossible que des gens aussi bêtes puissent découvrir cette arme extraordinaire, un sorcier a dû s'abaisser à les aider.

Harry grimaça à nouveau. Décidément, il avait une malchance pas possible, il était tombé sur la personne la plus raciste qu'il connaisse. Bien qu'il ait grandi dans une famille moldue pas franchement sympathique, Harry ne supportait pas cette discrimination par la magie. Il soupira, il n'avait pas le choix. Pour survivre, il devait supporter les sarcasmes de l'autre prisonnier.
Harry avait entendu avec intérêt la définition de la pièce d'Isolïo, cela lui permettait de mieux comprendre ce qui lui était arrivé, cela le rassurait, il avait moins l'impression d'être devenu fou.
Soudain, Harry réalisa que Malefoy pouvait servir de repère temporel. Au moins pour savoir depuis combien de temps il était enfermé ici seul, avant qu'il le rejoigne.

- Malefoy !
- Qu'est-ce que tu me veux ? T'arrives même plus à parler ?

Harry avait en effet la voix tellement rauque que c'est avec peine que le nom de famille si célèbre et si noir était sorti de sa gorge.

- Quand as-tu disparu du monde réel ?

Malefoy éclata d'un grand rire. Apparemment, la souffrance d'Harry lui faisait plaisir.

- Pauvre Potter..., dit-il avec une fausse pitié. Mais nous sommes dans le monde réel ! Tu n'as donc pas compris que tout ceci n'est qu'une illusion magique ? En fait, nous pouvons nous trouver n'importe où sur Terre, si ça se trouve nous sommes au c½ur d'une forêt vierge. Il suffit qu'un simple carré tracé à la craie nous entoure pour nous coincer.
- M'en fiche ! Dis-moi juste quel jour t'es-tu fait enlever ?
- Sois poli, Potter ! La dernière date que je sache, c'est le 4 septembre.


# Posté le lundi 20 août 2007 04:54

Modifié le samedi 17 janvier 2009 12:12